Propulsions réussies
Les sucess stories du Canceropôle

 

Qualité de vie et devenir des patients survivants
L’appui du Canceropôle à la cohorte des Leucémies de l’enfant et adolescent (LEA)

L’action
Depuis les années 90, les avancées thérapeutiques conduisent à une forte amélioration du pronostic des hémopathies malignes chez l’enfant et l’adolescent. Les progrès de la survie questionnent les épidémiologistes : que devient cette population quand elle grandit ? Quelle est la vie « après », « plus tard » ?
À Marseille, les professeurs Pascal Auquier et Michel Gérard (AP-HM/AMU) initient en 2002 avec le CHU de Nancy la première cohorte française couplant consultations dédiées et auto-questionnaire pour suivre les patients diagnostiqués et traités depuis 1980 d’une leucémie aiguë de l’enfance. Le Canceropôle Provence-Alpes-Côte d’Azur accompagne dès 2004 la croissance de cette cohorte rétro/prospective, unique au monde par son dispositif de collecte de données individuelles détaillées sur une file active de grande ampleur. À fin 2016, 4181 patients (soit 3/4 des leucémies diagnostiquées en France depuis 1980) sont suivis par 15 CHU et 5 unités de recherche, au rythme d’une visite médicale tous les 2 à 4 ans selon l’âge. La collecte de données cliniques (incluant imagerie et analyses biologiques) est couplée à un autoquestionnaire psychosocial.

La propulsion
La cohorte LEA co-financée par le Canceropôle a rendu possible, sert, facilite, accélère…
• La production de connaissances au long cours à partir des données cliniques collectées et des données fournies par les patients (démographie, insertion sociale, utilisation du système de soin, qualité de vie du patient et des parents/aidants).
• L’exploration de questions de recherches inter et pluridisciplinaires : clinique, épidémiologie, statistiques, psychologie, éthique, génétique, immunologie, géographie de la santé, mathématiques.
• L’amélioration de la prise en charge des patients survivants (pronostics de l’état de santé et de l’insertion sociale, stratégies de suivi, protocoles de soins) à partir de l’étude des déterminants médicaux, socioéconomiques, comportementaux, environnementaux influant sur le devenir de chacun.
• L’analyse et la valorisation des données de suivi dans de nombreuses publications scientifiques et cliniques (6 en 2016).
• Les chances d’accès des projets de recherche aux financements nationaux (7 présentés et 4 retenus en 2016).

« La cohorte LEA révèle année après année son utilité pour la prise en charge des patients survivants, le dépistage et le traitement des séquelles : c’est un support de recherches qui structure les soins ».
Pascal Auquier et Gérard Michel, responsables de la cohorte LEA, Unité de recherche Santé publique et maladies chroniques (Faculté de médecine, Aix-Marseille Université)

 

 

Compréhension des effets du microbiome sur le cancer
L’aide du Canceropôle à une technologie bio-électronique de rupture pour les modèles in-vitro

L’action
Au sein du Centre microélectronique de Provence (Gardanne), la biochimiste Róisín Owens croise les disciplines (microbiologie, ingénierie, physique appliquée, science des matériaux…) pour échafauder in vitro des modèles organoïdes humains complets, à partir de cultures cellulaires en trois dimensions et d’équipements électroniques organiques. Objectif de ces dispositifs : mesurer en temps réel l’état de santé et les réactions des cellules face à un médicament ou un pathogène. L’avancée des travaux donne naissance au projet IMBIBE. Il vise à développer une solution technologique innovante pour explorer les effets du microbiome (communauté des micro-organismes vivant dans le corps humain) sur les physiopathologies de l’intestin et du cerveau (incluant notamment le cancer colorectal). L’appui du Canceropôle se traduit par le financement d’une assistance-conseil pour soumettre le projet aux fonds de l’European research council (ERC). Avec l’aide d’un consultant spécialisé, Róisín Owens demande et obtient une bourse ERC Consolidator de 2 M€ : un financement important et prestigieux, dédié aux jeunes chercheurs dont le parcours scientifique est particulièrement prometteur.

La propulsion
Le projet IMBIBE soutenu par le Canceropôle a rendu possible, sert, facilite, accélère…
• Les perspectives d’amélioration des résultats d’études in vitro sur les cellules humaines.
• Le développement d’alternatives à l’utilisation de modèles animaux en recherche pré-clinique, avec son corollaire de diminution de faux positifs.
• L’étude et la compréhension des interactions entre un microbiome et son hôte, et leurs conséquences sur les mécanismes physiques, cellulaires ou biochimiques conduisant à l’apparition de pathologies de l’intestin et du cerveau.
• La recherche sur le microbiome intestinal et ses perspectives dans la prévention, le diagnostic et le traitement de différentes pathologies, incluant le cancer, mais aussi la maladie de Crohn, le diabète et des neuropathologies telles que le trouble du spectre autistique

« Le consultant financé par le Canceropôle m’a accompagné dans toute la préparation et la soumission du projet à l’ERC. Les fonds obtenus me donnent l’opportunité d’avancer pendant 5 ans dans ma recherche exploratoire, avec une équipe consolidée ».
Professeur Róisín Owens, directrice du département bio-électronique au Centre microélectronique de Provence (École des Mines de Saint-Étienne/Armines)